La banque britannique HSBC va licencier près de 25.000 personnes, soit 10% de ses effectifs mondiaux [1]. Le but ? Officiellement : économiser 5 milliards de dollars au cours des trois prochaines années. Officieusement : restaurer la « confiance des investisseurs » (c’est-à-dire actionnaires, fonds d’investissement et autres banques privées) après les scandales financiers qui éclaboussent la banque.
Le plan de restructuration doit mener à la relocalisation de ses centres opérationnels dans des régions « low cost et à haut profitprofitIl s'agit du profit attribuable à la société, au groupe. Exemple : lorsqu'une filiale est détenue à hauteur de 50% par le groupe A, seuls 50% des profits de cette filiale est attribué au groupe A. On parle aussi du {{profit net du groupe}}. », comprenez l’Asie. Pas vraiment surprenant puisque quelques semaines auparavant, le groupe avait annoncé sa volonté de quitter Londres pour établir son siège central à Hong Kong. La banque juge les législations financières britanniques trop restrictives (si même la City commence à augmenter ses taxes, où va le monde ?).

Cependant, si l’annonce de la restructuration apparait maintenant, ce n’est pas un hasard. Cela fait des mois que la banque s’enfonce dans les démêlés judiciaires. Elle est en première ligne des révélations du « Swissleaks ». La banque a utilisé sa filiale suisse pour faire transiter les dépôts de ses clients vers des cieux plus cléments. La fraude fiscale est estimée à 180 milliards d’euros ! Avant cela, c’était au tour de sa filiale mexicaine d’être traînée devant la justice. Elle a été condamnée à une amende de 1,35 milliard de dollars pour avoir activement aidé des magnats de la drogue à blanchir leurs magots. La justice américaine a même été jusqu’à envoyer un moniteur officiel pour surveiller les activités de la filiale. Ces amendes successives ont d’ailleurs fait baisser de 15% le bénéfice netbénéfice netProfit déclaré d'une société après avoir payé les intérêts sur les charges financières, comptabilisé les amortissements et réglé l'impôt des sociétés sur les bénéfices. (en anglais : net income) de la banque pour l’année 2014.

Il était donc grand temps de faire peau neuve. C’est chose faite avec ce plan de « dégraissage » massif et cette menace de délocalisation pour raisons fiscales. Autant d’effets annonces qui révulseraient le commun des mortels, mais qui s’apparentent à un brillant coup de communication dans la sphère financière. Chris White (un analyste du fonds d’investissement Premier Fund Managers Ltd.) cité par Bloomberg s’est d’ailleurs enthousiasmé de voir qu’HSBC allait « définitivement dans la bonne direction ». Les 25.000 employés, eux, n’auront qu’à payer le prix de « la confiance des investisseurs ».

Sources :
Libération, Le plan d’économie massif d’HSBC secoue la City, 09/06/2015, http://bit.ly/1C2Fsrk
Courrier International, HSBC : un scandale planétaire, 09/02/2015, http://bit.ly/1GvV64i
The Washington Post, HSBC to cut as many as 25,000 jobs, sells units in cost push, 09/06/2015, http://bit.ly/1FcPne7


[1Depuis 2011, la banque a déjà supprimé un tiers de ses effectifs mondiaux.