Ce 26 juin 2017, un conseil d’entreprise extraordinaire s’est tenu chez Mondelez Namur et à l’issue de celui-ci la direction a annoncé une énième restructuration. Le site de Rhisnes compte près de 430 employés, 45 d’entres eux (maximum) se verront licenciés [1]. D’après les syndicats de la CNE et du SETCa sont plus particulièrement dans le collimateur de la direction les personnes en âge de bénéficier de la prépension d’ici la fin de l’année [2]. Stéphane Baudart, secrétaire régional du SETCa Namur constate que le « nombre maximum de personnes touchées correspond aux personnes impactées par l’abaissement de l’âge de la prépension » [3].

Ce licenciement collectif qui s’opérera par phase au courant de l’année 2018 permettrait, selon la direction de l’usine de Namur, de garantir son avenir [4]. La direction justifie cette décision par le Brexit dont la mise en œuvre va avoir un impact direct sur l’usine de Rhisnes à Namur [5]. En effet, l’Angleterre représentait 30% des volumes d’exportation de l’usine namuroise qui produit entres autres du fromage fondu à destination des marchés anglais, espagnols et italiens [6]. Déjà en avril, Daniele Polese et d’autres délégués du site de Namur s’attendaient à une réduction des coûts imminente liée au Brexit : « On produit beaucoup pour l’Angleterre. Le Brexit va avoir un impact sur nos volumes, nos produits seront vendus plus chers et donc il y aura certainement une réduction des coûts via le personnel  » [7]. Et le résultat ne s’est pas fait attendre. D’autres raisons telles que le taux élevé du chômage économique ou encore la concurrence avec les producteurs européens sont avancées par la direction pour justifier ce nouveau licenciement collectif.

Même si la direction du site de Namur clame que les licenciements secs devraient être évités et qu’elle s’engage à faciliter le reclassement, force est de constater que les restructurations se succèdent les unes aux autres : en 2017 une nouvelle restructuration est a été décidée pour le site d’Herentals alors que celle amorcée en 2016 n’est même pas encore achevée, en 2016 il y a eu une perte de 82 emplois sur le site de Malines, en 2015 la délocalisation d’une partie des activités du site de Namur vers la Pologne [8].

Additionnées les unes aux autres, ces restructurations éparses remettent les choses en perspective. Pour rappel à la fin du mois de mars, il y a eu une grève sur les trois sites belges de la multinationalemultinationaleEntreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d'une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères. (en anglais : multinational) s’inscrivant dans le cadre d’une semaine de mobilisation internationale pour dénoncer cette politique de restructuration permanente.


[7Propos des délégués du site de Namur.