Carte d'identité

Président Daniel Zhang
Actionnaires principaux (2019): Initiés dont Jack Ma (48, 49%), BlackRock (4, 62%) T. Rowe Price Associates (4, 28%), Vanguard (3, 08%), Baillie Gifford (2, 97%), Invesco (2, 00%), SSgA Funds Management (1, 79%), HSBC Holdings (1, 64%), Capital Research & Management (1, 63%), Schroder Investment (1, 62%), Temasek Holdings (1, 56%)
Comité d'entreprise européen non

Ratios 2018

 
Marge opérationnelleMarge opérationnelleCet indicateur désigne ce que la firme gagne en moyenne sur chaque produit vendu. Il se calcule en divisant le bénéfice d'exploitation par le chiffre d'affaires. % 15,15
Taux de profitTaux de profitRapport entre le bénéfice et le capital investi ; il y a différentes manières de le calculer (bénéfice net par rapport aux fonds propres de l'entreprise ; bénéfice d'exploitation sur les actifs fixes ; et les marxistes estiment le rapport entre la plus-value créée et le capital investi). (en anglais : profit rate). % 16, 44
Taux de solvabilitéTaux de solvabilité(%) : ce ratio indique comment l'entreprise finance ses investissements. Il se calcule en divisant la dette à long terme par les fonds propres. Plus le ratio s'approche des 100%, plus l'entreprise dépend de l'argent prêté par des banques pour financer ses investissements. Si le chiffre dépasse les 100%... Il y a lieu de s'inquiéter puisque les investissements de l'entreprise dépendent davantage des prêts octroyés par les banques que d'argent directement versé par l'entreprise. % 22, 72
Taux de dividendeTaux de dividende(%) : ce chiffre exprime la part des bénéfices versée aux actionnaires sous forme de dividendes. Plus ce montant est important, moins la part des bénéfices qui vont rester dans l'entreprise (fonds propres) l'est. % /
Part salarialePart salarialePart salariale dans la valeur ajoutée (%) : la partie de la richesse créée par l'entreprise qui revient aux salariés. Lorsque nous disposons des chiffres, ce ratio se calcule en divisant les rémunérations par la valeur ajoutée. % /
Taux de productivitéTaux de productivitéou niveau de productivité (en euros) : il s'agit d'une estimation de la richesse marchande créée en moyenne par chaque salarié du groupe. Elle se calcule en divisant la valeur ajoutée par l'emploi. (€) /
Fonds roulement netFonds roulement netC'est la différence entre le passif à long terme et l'actif à long terme (ou inversement l'actif à court terme et le passif à court terme). S'il est positif, cela indique que le passif à long terme est plus élevé que l'actif à long terme. S'il est négatif, cela suppose l'inverse, donc qu'une partie de l'actif à long terme est financé par des dettes à court terme. Cela peut être inquiétant, parce que cela veut dire que les banques doivent renouveler les crédits tous les mois, les trois mois… Elles peuvent à tout moment décider d'arrêter. Normalement, le but est d'avoir un fonds de roulement légèrement positif : négatif, cela pose le problème du financement des investissements à long terme ; trop positif, cela signifie que du passif, des fonds sont utilisés à des missions à court terme, par définition passagères, momentanées et normalement moins lucratives (en général le long terme l'emporte sur le court terme, sauf en période de crise). (€) 38, 6 milliards

Observatoire des Comptes

Bilan

Voir les données : Tableau

Télécharger les données : csv

Actionnariat du groupe 2019

Voir les données : Tableau

Télécharger les données : csv

Toutes les données

Télécharger les données


Historique

Alibaba : success story à la chinoise !

La filiale logistique d’Alibaba, Cainiao Smart Logistics Network, a signé le 4 décembre 2018 avec l’aéroport de Liège, un accord d’investissement pour un montant initial de 75 millions d’euros qui se concrétisera par la construction d’un entrepôt logistique opérationnel en 2021 [1] . Liège devient ainsi un des premiers hubs européens du géant chinois de l’e-commerce. Selon ses promoteurs, cet investissement devrait créer près de 3000 emplois, dont 900 emplois directs et 2100 indirects [2].

Par Sebastian Franco

Cette signature s’accompagne de l’entrée de la Belgique dans l’Electronic World Trade Platform (eWTP) [3], une initiative du géant Alibaba pour favoriser le commerce en ligne, spécialement transfrontalier. La Belgique devient ainsi le premier pays européen (et le troisième au monde) à rejoindre l’eWTP [4].

En 20 ans, Alibaba est passée d’une petite start-up à un groupe mondial international. Aujourd’hui, son chiffre d’affaires avoisine les 50 milliards d’euro et compte plus de 100.000 salarié.e.s [5].

Le succès d’Alibaba accompagne la croissance phénoménale du commerce en ligne en Chine depuis le début du siècle. L’explosion du commerce en ligne en Chine repose sur plusieurs facteurs, dont l’augmentation du revenu disponible pour la consommation, l’explosion de l’utilisation des téléphones mobiles et de l’accès à internet. Mais elle est également due aux millions de Chinois ayant vécu à l’étranger. Une fois rentrées au pays, ces personnes veulent continuer à acheter des produits étrangers qu’ils jugent de meilleure qualité que la production locale.

En 2005, la Chine ne comptait que pour 0,6% de la valeur du commerce en ligne mondial ; en 2016 ce chiffre atteignait 42,4% [6] ! La domination de la Chine dans ce secteur est telle que le nombre de transactions d’e-commerce dans ce pays représente plus que celles de l’Allemagne, des États-Unis, de la France, du Japon et du Royaume-Uni réunis.


Image : McKinsey Global Institute

Alibaba est créé en 1999 à Hangzhou par 18 personnes dont le charismatique Jack Ma qui en sera le CEO jusqu’en 2018.

En janvier 2000, la banque japonaise Softbank investit 20 millions de dollars dans la jeune start-up. Softbank est un acteur incontournable du monde numérique, investissant à travers son fonds Vision Fund [7] dans une grande quantité de start-up aujourd’hui pour certaines devenues de grands groupes internationaux (UBER et WeWork notamment).

En décembre 2001, sa plateforme de commerce international Alibaba.com atteint son premier million d’utilisateurs. En 2003, Alibaba lance sa plateforme tout-public de commerce en ligne, Taobao. L’année suivante, c’est son outil de paiement en ligne qui voit le jour, Alipay.

En 2005, Alibaba conclut un partenariat stratégique avec Yahoo Chine dont les activités seront progressivement absorbées par le géant chinois. En échange, Yahoo deviendra un important actionnaire du groupe chinois (30% des parts pour un investissement d’un milliard de dollars [8] gérées par l’entité Altbaba). Cette année, Altbaba qui détenait encore 11% d’Alibaba vendra le reste de ses actions, ce qui devrait lui rapporter environ 40 milliards de dollars [9] !

Mais pour un des patrons d’Alibaba, Ming Zeng, c’est en 2007 que commence vraiment l’aventure [10] : sa transformation en smart business, basé sur les nouvelles technologies digitales et l’intelligence artificielle. L’objectif est de construire un véritable écosystème, à savoir une « communauté d’organismes (entreprises et consommateurs de toutes sortes) qui interagissent entre eux. L’écosystème, d’abord simple (lier les acheteurs aux vendeurs), se complexifie parallèlement aux évolutions technologiques qui font que plus en plus d’entreprises transfèrent des fonctions « classiques » en ligne, comme le marketing, la publicité, la logistique et la finance. La plateforme Alibaba accompagnera les innovations tels le marketing d’affiliation, la recommandation de produits et les influencers sur les médias sociaux.

Dans cette logique, 10 ans après sa fondation en 2009, Alibaba s’empare de HiChina, le plus grand fournisseur d’infrastructure Internet de Chine et crée la filiale Alibaba Cloud qui est aujourd’hui le troisième fournisseur mondial, et le premier chinois, de service cloud.

En 2010, elle lance sa plateforme AliExpress qui permet aux exportateurs chinois d’atteindre directement des consommateurs partout dans le monde. En 2013, Alibaba lance sa propre filiale logistique, Cainaio Network Technology (voir ci-dessous).

En septembre 2014, Alibaba fait une entrée remarquée à la bourse de New York, en devenant l’IPO (introduction en bourse) la plus importante de tous les temps, avec une levée de fonds de 25 milliards de dollars [11]. Une seconde entrée en bourse est prévue à Hong Kong pour 2019. Cette même année, la filiale qui opère le système de paiement Alipay est formellement établie et se nommera Ant Financial Services Group.

Principalement axé sur le marché chinois, Alibaba s’ouvre à l’international investissant notamment dans Lazada, entreprise leader de l’e-commerce en Asie du Sud Est en 2016, mais surtout en établissant en 2017, l’Electronic World Trade Platform (eWTP) au travers de laquelle le groupe établit son premier hub étranger en Malaisie.

Cainiao Network Technology Co. Ltd.

Qui dit commerce en ligne, dit réseaux logistiques de distribution.

Jusqu’en 2013, Alibaba s’appuyait sur des entreprises existantes pour acheminer les produits vendus et achetés sur ses différentes plateformes. En 2013, Alibaba décide de créer sa propre plateforme logistique, Cainaio Network Technology.

L’année suivante, Cainiao scelle une alliance stratégique avec 13 firmes de livraison en Chine et établit une plateforme digitale partagée. Les années 2014 et 2015 verront la mise en place d’alliance avec différents groupes postaux internationaux (Singapour, États-Unis, Royaume-Uni).

La création de Cainaio et de son réseau logistique permet à Alibaba de contrôler complètement la chaîne de valeur de l’e-commerce. C’était le chaînon qui manquait à son « écosystème ». Cainiao entend accroître l’efficacité des réseaux logistiques grâce à la maîtrise de l’énorme quantité de données générées par le commerce en ligne. Car Alibaba a de grandes ambitions dans ce domaine ; elle entend dans un avenir proche acheminer ses produits en 24h dans toute la Chine et en 72h partout dans le monde !

Et sur son principal marché, la Chine, Alibaba compte bien rester leader. Avec 30 milliards de colis (sur un total de 50 [12]) distribués en 2018, Cainiao est en position de force. Le groupe vient d’ailleurs d’annoncer une augmentation de sa participation au capital de sa filiale logistique, passant de 51% des parts à 63%.