La Belgique a concédé la gestion de 35 sources à des intérêts privés. Toutes sont exploitées par de grands groupes, qui en tirent de plantureux bénéfices. Une forme évidente de privatisation d’une ressource commune, alors que le droit à l’eau pour les besoins essentiels n’est pas reconnu. Et si on en revenait à une forme de solidarité ?

La revue Tchak ! s’adresse aux producteurs, aux artisans-transformateurs, aux consommateurs. Elle parle d’agriculture paysanne, d’agroécologie et des nouveaux modèles de production, de distribution et de consommation. Elle questionne les pratiques de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution. Elle adhère au code de déontologie de l’Association des journalistes professionnels.

L’eau est la ressource la plus précieuse à la vie. Pourtant, 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique [1] et 4 milliards dans des zones touchées par une grave pénurie d’eau au moins un mois par an [2]. Dans le même temps, la marchandisation progresse, avec la privatisation des services de distribution d’eau, ou par la mise en bourse de l’or bleu depuis fin 2020. Mais une autre forme de privatisation de l’eau - qui ne dit pas son nom - est à l’œuvre. Elle s’opère au travers de l’exploitation de l’eau en bouteille, y compris sur notre sol.

La Belgique compte, de fait, 35 sources reconnues dont les eaux sont autorisées à être mises dans le commerce : 22 sources d’eau minérale [3] et 13 d’eau de source [4], exploitées par de grands groupes comme Coca-Cola (Chaudfontaine), Spadel (Spa, Bru) ou Nestlé (Valvert) mais aussi par des indépendants (Top, Christiana…). Le groupe Spadel y est leader avec environ 20 % de parts de marché, devant Evian (Danone), Chaudfontaine (Coca-Cola), Cristalline (Alma/ Castel) et les marques de distributeurs.
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Sommaire du Tchak ! n°6

À la Une, notre enquête Travailleurs saisonniers agricoles : ces forçats qu’on ne veut pas voir.

En voici les éléments clés :

  • Insultes, arnaques, quasi-séquestration… Cela se passe dans certaines serres flamandes, dans certains champs wallons. En témoignent les travailleurs saisonniers agricoles rencontrés par Tchak ! : Simion, un Roumain sous la coupe d’un intermédiaire mafieux ; Sidy, un demandeur d’asile aux prises avec un fruiticulteur hystérique ; Ula, à qui on a interdit de rentrer en Pologne si elle voulait être payée ; Natalia, testée positive au Covid et qui s’endette ici ; Célestin, sans-papiers qui n’a pas le droit de s’arrêter pour boire, etc.
  • Combien sont-ils à être confrontés à ces conditions de travail lamentables ? Avec l’aide de spécialistes, Tchak ! s’est penché sur les chiffres – assez rares – et a pu retracer la courbe : le nombre de travailleurs saisonniers a doublé en 20 ans, passant d’environ 33.000 paires de bras saisonnières, dont une majorité de Belges, à près de 67.000, dont 75% de résidents étrangers, le tout sur fond l’agro-industrie exportatrice. Inquiets, les syndicats craignent un glissement du travail régulier vers le travail saisonnier.
  • Difficile de sortir d’un engrenage enclenché avec la bénédiction des États, bien décidés de « mener la concurrence commerciale sur le dos de la main-d’œuvre », analyse la sociologue française Swanie Potot. Qui prévient : tant que le travail sera façonné pour n’attirer que des migrants vulnérables, il ne faudra pas s’étonner que les règles soient bafouées. Même en Belgique.

Au sommaire, aussi, de ce sixième numéro de Tchak ! :

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Source photo : Konstantin Stepanov -The water story - Flickr - CC BY 4.0